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Publication Lipoplastie

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Article extrait des « Annales de Lipoplastie 1996Éditions Solal (Marseille, 1996)


LA LIPOPÉNOSCULPTURE, AUGMENTATION DE LA TAlLLE DU PÉNIS

Introduction
En 1992 afin de répondre à la requête spécifique d’un patient, nous avons été conduits à porter nos réflexions sur une technique interventionelle dont nous ne soupçonnions pas à l’époque, l’intérêt et le bienfait qu’elle pouvait générer sur une population de patients sans cesse croissante. Ce patient se plaignait de la taille de son pénis. Pour le traiter, il nous a alors semblé que la méthode la plus immédiate et la plus naturelle fut l’injection de graisse autologue. A l’époque, nous savions que certains confréres aux États-Unis s’étaient déjà penchés sur le sujet. C’est ainsi que par la suite nous avons eu le privilège de travailler avec le Docteur Brian Novack, chirurgien plasticien californien. Puis en collaboration avec les Docteurs Maurizio et Roberto Viel de Londres nous sommes parvenus à une technique personnalisée. A ce jour nous avons opéré 387 patients et abouti à certaines conclusions.
Le lipofilling de la verge exploite certains des nombreux avantages de la technique de la liposculpture à la seringue, créée par le Docteur Pierre Fournier, à savoir l’utilisation d’un tissu adipeux intègre et stérile. Le terme de Lipopénosculpture (LPS) nous a semblé approprié à cette méthode.

MÉTHODOLOGIE DE L’INTERVENTION

Avant de réaliser l’intervention, un examen très complet du patient est fondamental. Trois aspects sont analysés :
  • Clinique et biologique, préopératoire de routine, hormonal spécifique
  • Psychologique. Il est absolument nécessaire de comprendre les motivations profondes du patient et de cerner sa personnalité avant d’entreprendre cette intervention. Pour cette raison, nous tenons à ce qu’un confrére psychiatre émette un avis éclairé sur le cas et nous aide à décider de réaliser ou non l’intervention. En effet, nous devons éviter tout patient psychologiquement instable qui pourrait masquer des raisons contre-indiquant le traitement.
  • Anatomique. En effet la demande du patient ainsi que son anatomie intime et la qualité de sa peau déterminent le volume de graisse à injecter. A ce propos, un pas important dans cette méthode a été franchi. Nous avons intégré à la LPS un principe de calcul. Grâce à une formule mathématique, à partir de certaines données, circonférence et longueur au repos, circonférence et longueur en érection, à partir du volume de graisse injectée calculé au centimètre cube près, et évaluant le comportement de la graisse après réabsorption, nous sommes capables de fournir au patient une valeur exacte de son diamètre pénien (au millimètre près) après intervention. Ainsi pourra-t-il visualiser sur une représentation modélisée ses nouvelles mesures et faire correspondre son attente à la réalité de l’intervention.

TECHNIQUE OPÉRATOIRE

La LPS est réalisée au bloc opératoire (voir photo 1) sous anesthésie locale souvent accompagnée d’une neuroleptanalgésie.
Elle dure environ une heure et comporte trois phases principales :
  • extraction de la graisse
  • préparation de la graisse
  • injection de la graisse
Une infiltration à la solution de Klein et la tumescence conséquente sont réalisées dans la zone donneuse : les cuisses internes le plus souvent, parfois l’abdomen ou la région pubienne. La graisse est prélevée à l’aide d’une canule de trois millimètres de diamètre et une seringue Toomey de 60cc.
La graisse obtenue est nettoyée à l’aide d’une solution glucosée puis filtrée. Une quantité de 70 à 100 cc de graisse pure est nécessaire à l’injection.
L’injection est réalisée grâce à une canule de deux millimétres de diamétre reliée à un dispositif spécifique (voir photo 2). Le tissu adipeux est mis en place dans le plan sous-cutané à travers une unique incision située à la face dorsale du pénis et la graisse est répartie d’une façon harmonieuse et symétrique dans toute la circonférence.

SOINS POST OPÉRATOIRES

Un pansement de contention est placé pendant six jours (voir photo 3), remplacé depuis peu par un vêtement spécialement conçu pour la LPS (lipopenopanty). Des antibiotiques sont prescrits pendant une douzaine de jours. Il n’y a pas de douleur post opératoire au niveau du pénis. Le patient est revu trois jours, une semaine, puis deux mois aprés l’intervention et chaque six mois.

ÉVOLUTION ET COMPLICATIONS

25% à 40% du tissu adipeux peuvent être réabsorbés dans les deux à trois mois qui suivent l’intervention; celle-ci étant peu traumatisante, une seconde injection peut facilement être réalisée si elle s’avérait nécessaire. Cependant, 70% des patients sont satisfaits dès la première injection.
Les complications possibles sont celles du lipofilling avec le risque de non intégration du transplant adipeux. La formation d’indurations graisseuses semble peut-être plus fréquente dans cette localisation ; ces indurations disparaissent toutefois spontanément aprés des automassages toujours fermement préconisés le long de la verge ou bien par quelques séances d’injections localisées de corticoïdes(Kenacort).

INDICATIONS OPÉRATOIRES

L’âge des patients se situe entre 20 et 65 ans. Le niveau social et culturel est extrêmement varié. Ils ne doivent présenter aucune pathologie liée à l’impuissance ou aux dysérections; dans ces cas ils sont dirigés chez le spécialiste, vu que la LPS n’est pas l’acte thérapeutique adapté.
Le point commun chez nos patients est une mauvaise acceptation de l’image de leur corps, particulièrement de leurs attributs virils et par là même les relations sexuelles et leur vie privée s’en trouvent souvent lésées. Effectivement, après examen clinique ces patients présentent des verges de petite taille par rapport aux critères anatomiques de normalité ; cette situation génère un climat intime de malaise et parfois de détresse.
Une partie de ces patients a déjà consulté d’autres confrères, à plusieurs reprises, qui n’ont su leur porter de réponse et donc ont alimenté leur angoisse.
D’autres font allusion à des remarques moqueuses de partenaires et pendant leur service militaire, à leur gêne à se changer dans des vestiaires et par là même à pratiquer un sport volontiers, à être à l’aise au bord d’une piscine et bien sûr à avoir une relation sexuelle satisfaisante.
Nous estimons qu’il ne faut pas hésiter à pratiquer l’intervention quand celle-ci, après étude de chaque cas, semble être la solution pour le patient d’exister sereinement.

DISCUSSION ET RÉSULTATS

La LPS augmente la taille du pénis en augmentant la circonférence de celui-ci, en moyenne de trois à quatre centimètres (parfois davantage) et nous avons remarqué que la longueur aussi était sensiblement augmentée, probablement parce que la peau est plus étirée qu’auparavant et que le poids de la graisse injectée fait en sorte que le pénis pende davantage (voir photos 4 à 12).
Il est à noter par ailleurs, que nous pouvons associer à la LPS une des techniques permettant d’agir sur la longeur de la verge. Notre choix s’est fixé sur la section du ligament suspenseur du pénis associée à une plastie cutanée. Cette ligamentoplastie réalisée dans un même temps opératoire que la lipopenosculpture permet en moyenne un allongement de trois à quatre centimètres.

CONCLUSION

La LPS comporte peu de risques et complications. Nos patients nous confient avoir tiré un bienfait considérable sur le plan psychosexuel et avoir ainsi gagné amour propre et confiance en eux-mêmes.
C’est une méthode facilement réalisable pour des praticiens parfaitement entraînés. Toutefois, une vigilante sélection du patient et une scrupuleuse exécution du programme préopératoire et postopératoire, sont les conditions indispensables à la réalisation de la LPS et incombent à une équipe pluridisciplinaire: praticien(s), sexologue, psychiatre, andrologue.
Dr. Marc Abécassis