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Interview pour Marie Claire

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Marie-Claireédition 2012 – pages… à …


Mon mari s’est fait rallonger le pénis

L’opération d’allongement du pénis du pénis devrait devenir aussi banale que celle des seins. A ce rythme, nos chances de partager un jour l’intimité de ceux que l’on surnomme les «zobpérés» augmentent donc de jour en jour. D’où notre curiosité: être la compagne d’un homme au sexe bistourisé, c’est comment?

Le foot avec les copains

Ce qui compte pour une majorité de femmes, c’est bien la fonctionnalité de l’outil. Et quand vraiment les compagnes se plaignent, c’est que l’engin est très petit. Un micropénis mesure 8, 9 cm en érection et tous les chirurgiens s’accordent à dire que ces cas sont rares.

La plupart des candidats à l’opération sont largement dans la moyenne, et la petitesse supposée de leur sexe est souvent dans leur tête. Depuis très longtemps: «Dès la maternelle, les garçons s’amusent à faire un grand jet de pipi, ils regardent leur sexe, les comparent, et le détenteur du plus petit est souvent ridiculisé par les autres», explique Marie-Claude Gavard. Très vite, ce gamin de 5 ans peut décider de ne plus aller aux toilettes devant ses camarades. L’isolement social commence. Dans les vestiaires, à la piscine, à la plage… ou devant les films porno, le réflexe de comparaison se poursuit à l’adolescence, puis à l’âge adulte.

«Ce qui compte, c’est le regard des autres hommes, avance le docteur Marc Abecassis, pionnier de cette chirurgie en France. Le reste, ils s’en moquent. Mes patients ne me disent pas: “Je veux être mieux avec ma femme”, mais: “Je veux retourner au foot avec les copains, je veux retourner à la piscine, je veux avoir la bosse…”» Pas de renflement sous le short ou le slip de bain, et c’est l’inhibition.

Un mystère pour les épouses peu habituées à comparer leur sexe dans les vestiaires: «Dans la plupart des cas, explique le docteur Paul Seknadje, chirurgien plasticien qualifié, celles-ci disent: “A mes yeux, il est très bien comme ça. Je l’aime tel quel, j’ai du plaisir et je pense qu’il n’en a pas besoin.” Et puis, devant la détresse de leur mari, elles finissent par comprendre et par le soutenir.» Encore faut-il que celui-ci ose en parler. Car nombreux sont ceux qui dissimulent l’opération à leur partenaire: «Des patients m’ont déjà dit: “Ecoutez, ma femme est partie quinze jours en vacances, profitons-en”, raconte en souriant Marc Abecassis.

Pour un simple épaississement, rien de plus simple, car il n’y a pas de cicatrice. La graisse est prélevée à l’aide d’une canule dans la cuisse ou le ventre du patient, puis réinjectée dans la paroi de la verge.» Ni vu ni connu. Si elle remarque quelque chose, l’homme peut facilement s’en sortir en murmurant: «C’est parce que tu m’excites particulièrement ce soir, ma chérie.» Pour un allongement, difficile de ne pas mettre son épouse dans la confidence. On augmente la longueur au repos de 2 à 4 cm en sectionnant le ligament qui rattache le pénis au pubis, comme si l’on coupait un élastique. Ici, le chirurgien sort le bistouri. D’où une cicatrice au niveau du bas-ventre qu’une épouse attentionnée ne peut manquer de remarquer. Selon les estimations des médecins, seuls 20 % des hommes arrivent en consultation avec leur compagne. Celle-ci se fait alors le relais d’un époux angoissé et multiplie les questions: vais-je avoir les mêmes sensations? La consistance sera-t-elle la même? Risque-t-il de devenir impuissant ou infertile? Peu de femmes, ceci dit, osent confier au chirurgien leur principale angoisse: voudra-t-il tester son nouvel engin ailleurs? La docteure Sylvie Abraham confirme: «Une seule femme de patient me l’a avoué ouvertement, mais j’imagine que beaucoup le pensent. Cette femme, visiblement possessive et dominante, ne cessait de me répéter: “Je suis sûre qu’il le fait pour me tromper.” Avant l’opération, elle s’y opposait déjà farouchement. Après, c’était pire: “Je suis sûre qu’il me trompe, et c’est à cause de vous.”»

Oh! mais c’est énorme

Retour du bloc opératoire. Monsieur a passé quelques heures à l’hosto pour un épaississement sous anesthésie locale, une journée plus une nuit pour un rallongement sous anesthésie générale. Il revient en voiture de la clinique, parfois conduit par son épouse. Son sexe est bleu, endolori, gonflé. Il dort sur le dos, les jambes écartées. Il souffre à la moindre érection, qu’il tente de réprimer, durant les quinze premiers jours.

Le retour au foyer obéit à un rituel sacré: allers-retours fréquents dans la salle de bains et massages quotidiens à l’huile d’amande douce. Un peu honteux, l’homme traverse généralement cette phase postopératoire seul, et sa partenaire doit s’éloigner. Son petit animal est bichonné, scruté: la graisse va-t-elle correctement se répartir? Surtout, va-t-elle tenir?

C’est bien le risque majeur de cette opération: la déception. Car si l’épaississement est flagrant dans un premier temps, il y a déperdition du tissus adipeux au bout de deux ou trois mois, mais il est impossible de savoir en amont quelle quantité va s’accrocher. Les conversations au sein du couple évoquent souvent la nécessité d’une deuxième ou troisième opération et les dépenses que cela génère. Passé le «Oh! mais c’est énorme», les compagnes, elles, sont plutôt contentes de constater que le sexe retrouve progressivement taille humaine. Et ce n’est qu’après qu’elles constatent des différences: «Les femmes ressentent davantage la “présence” de leur mari dans tous les sens du terme, explique la psychothérapeute. Le sexe est plus gros, mais surtout l’homme est plus détendu, attentionné, parce qu’il a moins peur que son pénis soit vu. Il ose donc prolonger les choses.» Si la graisse tient bien et que l’homme en est à sa troisième opération, certaines femmes finissent par le trouver trop imposant. «On ressent de la fierté, ceci dit, quand une épouse nous avoue: “Vous savez, docteur, il est presque trop gros maintenant”», s’amuse Marc Abecassis. Une fierté chez elle, et surtout chez le compagnon, ravi d’entendre pour la première fois de sa vie qu’il a désormais un pénis «trop gros».

La péniplastie, plus courante

Pratiquée depuis 1992 en France, l’opération du pénis se démocratise largement depuis trois ans, en partie grâce à Internet. Les forums de discussions entre anonymes remplacent l’impossible bouche à oreille sur cette intervention – on imagine mal un homme se vanter auprès d’un autre de s’être fait injecter sa propre graisse pour en avoir une plus grosse! Des colloques se multiplient à travers le monde, et cette opération commence même à s’inviter dans l’actualité internationale. L’été dernier, en Thaïlande, une inconnue a menacé de dévoiler le nom d’un ministre fraîchement opéré; l’histoire est vite devenue une affaire d’Etat, le chef du gouvernement s’inquiétant que cette petite zézette ne ternisse la réputation du pays.

En France, hauts fonctionnaires, avocats, policiers, médecins, journalistes, ouvriers, sportifs de haut niveau… toutes les tranches de la société sont concernées, et certains n’hésitent pas à casser leur tirelire pour débourser les 3 000 euros nécessaires à un épaississement, l’opération la plus fréquente. Sur 100 interventions, 70 concernent des épaississements et 30 des opérations combinées (épaississement et rallongement). Il faut compter 5 000 euros pour ces dernières. Si le patient n’est pas satisfait, les médecins n’hésitent pas à continuer. 65 % des patients reviennent une deuxième fois. Et parmi ceux-là, 40 % une troisième. Chaque renouvellement coûte 2 000 euros, et certains hommes y retournent quatre, cinq, six fois… jusqu’à obtenir satisfaction.

Ils témoignent

Myriam, 50 ans : «Il a accepté l’opération pour ne pas me perdre mais, en réalité, il en rêvait.»

Gustave a subi une péniplastie juste après m’avoir rencontrée. Et je dois dire que s’il ne l’avait pas fait, il n’y aurait certainement pas eu de suite à notre histoire. Son petit sexe était un réel handicap, et cela depuis sa plus tendre enfance. Même s’il avait trois enfants de deux précédents mariages, il n’avait jamais eu l’impression d’être devenu un homme. Son sexe n’était pas exactement ce que l’on appelle un micropénis, mais franchement, on n’en était pas loin. «Gustave est quelqu’un d’assez grand et fort, et sa verge était totalement disproportionnée par rapport à sa taille. Habillé, il me plaisait énormément, mais nu… plus du tout. Le voir me rendait mal à l’aise, le toucher encore plus. Or avoir des relations sexuelle avec quelqu’un qui vous répugne, c’est totalement impossible. Nous faisions donc très rarement l’amour. J’ai trouvé le courage de le lui dire. Bien sûr, ça l’a beaucoup blessé. Mais il a été assez fort pour dépasser ma remarque et prendre une rapide initiative: “S’il n’y a que ça, je vais me faire opérer.” J’ai été très surprise de sa décision, admirative même. Il est rare qu’un homme sache se remettre en question si vite. Surtout sur ce plan-là!

«En tout, Gustave a subi au moins trois interventions – j’avoue avoir perdu le compte exact. Pour la première opération, je l’ai encouragé, soutenu et accompagné chez le chirurgien. Je l’ai même assisté pour les soins postopératoires. Quelques jours après la première intervention, il était déjà transformé. Il avait toujours eu l’impression de “ne rien avoir dans le pantalon”, et là… Il faut savoir qu’immédiatement après l’opération, c’est très gonflé, c’en est même effrayant. Sur le plan sexuel, nous nous sommes enfin totalement découverts, et je peux affirmer sans rougir que nous nous sommes épanouis.

«Avec le recul, je dirais que cette opération lui a forgé un autre caractère. J’ai remarqué qu’il est plus volontaire en société, plus autoritaire avec ses enfants et moins soumis au quotidien, notamment avec les femmes. Sur le plan professionnel, il a rapidement vu augmenter son salaire et grimpé plusieurs échelons au sein de sa société. «Au début, je pense qu’il a accepté de se faire opérer pour ne pas me perdre. Mais en réalité, il en rêvait, et qu’il l’a vraiment fait pour lui. J’ai donc peut-être appuyé là où ça faisait très mal, mais pour lui rendre service au final.» Retrouvez l’intégralité de l’article sur le site Marie Claire