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Masculin – n°9

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M MagazineDécembre 1998


Sexe : la taille a-t-elle une importance ?

Beaucoup d’hommes, honnêtement pourvus par la nature, croient avoir un sexe trop petit et feraient tout pour gagner quelques centimètres. Qu’en pensent les premières intéressées ? Et la médecine peut-elle rallonger notre espérance de ‘ vit ‘ ?
Certains chiffres en disent long. La moitié de la popuIation masculine en âge de s’adonner aux délices de la reproduclion considère qu’un slip « poutre apparente » est la marque N° 1 de la virilité. Le tiers des hommes avoue aussi que, si l’occasion se présentait, il s’allongerait sans hésiter sur le billard, pour confier son bouillant attribut au bistouri d’un expert et se réveiller grandi de quelques centimètres (1). Enfin, selon le Dr Ronald Virag, spécialiste des dysfonctions sexuelles masculines (2), un « bon quart » des patients rendant visite à un sexologue consulte au sujet de la taille du cher oiseau pour se plaindre de sa maigreur. Ce qui s’appelle, qu’on le veuille ou non, une fixation. Laquelle ignore les frontières. En Asie du Sud-Est, où le problème semble particulièrement aigu une épidémie (le « syndrome de Koro ») sème régulièrement la panique. Persuadés que leur pénis se rabougrit et rentre dans leur ventre, les malheureux, pris de panique, craignent de mourir dès la fin du processus. « Ce syndrome psychiatrique avec suggestion culturelle traduit bien la charge émotionnelle qu’implique la dimension de notre appendice pénien et la préoccupation qu’elle occasionne à un grand nombre d’hommes », commente le Dr Virag.
Pour preuve, à notre échelle, l’imposant courrier qui, chaque mois, fait gonfler la boîte aux lettres de M Magazine. Exemple Richard, 37 ans, turlupiné par une verge de « 14 cm de long et de 6 cm de circonférence ». Ou Sébastien, 20 ans : « Je ne suis pas très poilu et mon sexe ne fait que 13 cm en érection ». Que d’angoisse (inutile) quand on sait que la moyenne nationale (en érection) dépasse à peine les 15 cm (15,1 pour être précis). Tous deux, à l’évidence, et quantité d’autres, mesurent leur virilité à l’aune de leur membre. Ce que l’andrologue et psychosomaticien Sylvain Mimoun appelle joliment « le mythe du colosse » et commente en termes choisis : « L’homme est élevé comme le porteur du pénis. Il y voit la preuve de son existence. Et, derriére cette obsession de la taille, il y a l’idée d’être un individu performant, puissant… » Alors, de la même façon qu’il désire la plus grosse voiture ou le plus grand bureau, il veut le plus gros zizi, pour être sûr d’être le plus puissant.
Las, qu’un blocage psychologique s’instaure et le voilà malheureux comme les pierres. Ledit blocage, en genéral, remonte à l’enfance et au fameux complexe freudien de la « castration ». Tout fier d’exhiber son robinet, le petit garçon le tripote consciencieusement, quand son père le gronde d’un : « T’as un tout petit zizi » (sous-entendu : « A côté du mien »). Et voilà le gamin persuadé que la nature l’a nanti d’un organe outrageusement réduit. Le traumatisme peut encore provenir, passé la puberté, de la remarque d’une partenaire désobligéante. Guillaume, 28 ans, confirme : « Un jour, participant à un camp de jeunes trois filles sont entrées dans le dortoir, ont pris un Polaroid de mon sexe et, le lendemain, elles ont fait tourner la photo dans tout le camp. On m’a appelé ‘ p’tite bite ‘ tout le reste du séjour. C’est le souvenir le plus humiliant dc ma vie. »
A ce stade, beaucoup d’hommes s’isolent, se cachent littéralement. Persuadés que le reste de l’humanité a les yeux rivés sur leur bas-ventre, ils le camouflent sous de longs pulls et n’osent plus se mettre en maillot de bain, en short ou enfiler un pantalon un tant soit peu serré. Ils cessent de faire du sport, de peur de se déshabiller devant d’autres camarades de vestiaire mieux lotis et nourrissent eux-mêmes leur complexe en enviant l’appareillage de leurs congénères. Stressés, à force de craindre le ridicule devant Ie sexe faible, leur virilité s’étiole. Ce qui peut conduire à l’évitement des relations sexuelles ou à l’impuissance chronique, alors que la tuyauterie fonctionne, nominalement, 5 sur 5.
Une situation d’autant plus pénible (et absurde) que, physiologiquement, il n’existe que peu d’individus équipés d’un outil lilliputien. Question chiffres, on parle de « micropénis » lorsque la longueur du sexe au repos est en permanence inférieure à 5,5 cm (mesure effectuée entre l’extrémité de la verge et le relief osseux du pubis) et à 8 cm en érection. Ces cas cliniques, rarissimes, concernent moins de 3% de la population !
Le Dr Marc Abécassis, médecin esthétique à l’hôpital Tenon (Paris), qui voit défiler à longueur d’année des patients angoissés par la taille de leur sexe, est bien placé pour le savoir : « Il n’v a pas – ou presque pas – de petits pénis. Il n’y a que des hommes qui croient avoir un petit pénis ». Victimes d’une illusion d’optique, renchérit le Dr Mimoun, les angoissés de la bébête, en baissant les yeux sur leur sexe, le voient plus petit qu’il n’est. Un conseil : inspectez-vous devant une glace !
Et puis, les petits engins n’empêchent pas de goûter aux mêmes plaisirs que les gros propriétaires Surtout, qu’elle soit extra-longue ou un rien courte, les femmes s’en moquent comme de leur première chemise (de nuit). La plupart de leurs organes sexuels réactifs est située dans les 4-5 cm de l’entrée du vagin. Total : même avec un « petit » pénis (voir échelle), les faire grimper aux rideaux n’est pas réservé aux plus gâtés. A condition, naturellement, d’y mettre les formes. En la matière, le dicton populaire est d’une pénétrante sagacité : « Mieux vaut une petite frétillante qu’une grosse paresseuse ».
Soit, mais quand la guerre contre les centimètres est déclarée, comment retrouver la paix ? Le traitement passe d’abord par un regain de confiance en soi. Principe : verbaliser son angoisse pour deterrer les racines mentales du problème et relativiser la situation. « Le suivi psychologique suffit en général à débloquer les choses », explique le Dr Mimoun. Et de recommander, quand l’anxiété se prolonge, l’utilisation du vacuum aux effets phsiologiques bien réels. « L’opération ? (voir ci-dessous) — Personnellement, je la déconseille, sauf en cas de micropénis. » Le Dr Abécassis, lui, voit les choses d’un tout autre œil et préconise volontiers la chirurgie pour redorer le moral du patient. Ce qu’il résume, façon salle de garde : « Un centimètre dans la queue, c’est un kilomètre dans la tête ! » Exemple : Hervé, ex-manager déprimé de 35 ans qui, après une (petite) intervention, a décuplé son chiffre d’affaires et signe désormais son courrier d’un explicite ‘ Rambo ‘. Idem pour Pierre, qui dit « renaître à 40 ans » et pouvoir « s’affirmer enfin en tant qu’homme vis à vis des autres… et de sa femme » depuis que la circonférence de son organe a doublé de volume. Reste que, rappelle le Dr Abécassis, « la taille du sexe n’a finalement que peu d’importance, car une relation sexuelle ne se réduit pas à la rencontre d’un pénis et d’un vagin. Il s’agit d’abord d’un échange de tendresse, de complicité et d’intimité ». Dont acte.
Samuel Loutaty, avec Isabelle Delaleu
  • Chiffre extrait du livre de Bernice Kanner « Etes-vous normal ? », éd. Presse de la Cité
  • Auteur de  » Le Sexe de l’homme  » éd. Albin Michel

La chirurgie est-elle efficace ?

Oui. Un penis plus long ou plus gros, c’est possible, et même assez simple, à condition de « passer sur le billard ». Notre spécialiste l’a constaté de visu. Pour corriger un sexe trop petit (ou considéré comme tel), Ia chirurgie propose plusieurs méthodes. Selon les cas, on peut soit allonger le pénis, soit l’épaissir. Libre aux plus complexés de jumeler les deux.

Objectif longueur Vous en rêvez, les chirurgiens ne le font, hélas, pas encore : aucun d’entre eux n’est actuellement en mesure de greffer un morceau de sexe au bout du vôtre. Des équipes testent à cet effet l’intérêt de morceaux de cartilage, mais la recherche ne fait que démarrer. Aujourd’hui, la seule solution, pour rallonger un penis, est d’user d’un artifice : on le « décroche », en sectionnant le ligament suspenseur (la membrane fibreuse qui relie l’os du pubis aux corps caverneux), sous anesthésie générale. Bénéfice de l’intervention : entre 1 et 4 cm, selon les hommes. Aucune conséquence regrettable d’un point de vue esthétique, ou lors de l’érection.

Gagner en épaisseur Deux possibilités. La première consiste a prélever, souf les fesses ou dans l’aine, une bande de peau d’environ 2-3 cm de large sur 10-15 cm de long et à l’enrouler sur le pénis, après en avoir retiré le fourreau. Cette « gaine », invisible sitôt le fourreau remis en place, augmente de 3 à 5 cm la circonférence de l’engin. Seconde technique (ou lipopénosculpture : effectuer une mini-liposuccion sur l’abdomen, puis déposer la graisse prélevée dans l’étui, de facon homogène, sur toute la longueur. Bilan : gain de 3 à 5 cm en circonférence, qui peuvent faire toute la différence, au repos comme en action. Gros avantage : une simple anesthésie locale. Reste, visuellement, un léger effet mollasson, lié au fait que c’est non le corps du pénis, mais son fourreau, qui a épaissi. Mais cela, apparemment, ne semble pas gêner le patient.

Coût global : de 15 000 à 20 000 francs pour une seule technique, 30000 francs pour  » la totale « . Non remboursés, excepté pour le véritable micropénis, après entente préalable (Merci au Dr Marc Abécassis).

Echelle :


27 cm : hors normes C’est à vous, ce bestiau ? Contactez dare-dare le Livre des records. Vous taquinez les mensurations hallucinantes d’un certain Long Dong Silver, un acteur porno enregistré, au sommet de son dard : 48 cm.
22 cm : un calibre de star Vous pouvez affronter sans rougir l’ami Siffredi (Rocco pour les intimes) ! Vous voilà membre d’or des TGV (Très grandes verges), corporation qui rassemble moins de 1 % de la population.
15,1 cm : standard Vous êtes dans la moyenne française si madame fait la diflicile, dites-lui qu’elle trouvera diflicilement mieux ailleurs !
12 cm : honnête La nature aurait pu être plus généreuse avec vous, mais, tout bien pesé, vous tutoyez la moyenne. Pas de complexe, foncez !
8 cm : un peu juste Comme moins de 3 % des Français, vous n’êtes pas monté comme un âne. Mais prenez les choses du bon côté et répétez-vous qu’elles se disent toutes moins sensibles à la longueur qu’à la langueur que vous parvenez à leur prodiguer.